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L'Estréchure : Les Petits Messagers

 

Les Magnans

 

N°3 de juin 1923

 

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Puisqu’il s’agit de magnans, parlons en. Plus que tout autre vous êtes au courant et vous n’avez rien à apprendre à ce sujet. C’est la grosse affaire du moment et peut-être aurez vous à peine le temps de lire ces quelques lignes.
Les chinois connaissent la soie depuis très longtemps. Elle fut découverte dit-on par la femme d’un empereur que l’on surnomma la déesse des vers à soie plus de 2000 ans avant J. Christ.
Depuis, il y eut toujours dans l’intérieur du palais impérial, un terrain planté de mûriers, l’impératrice elle même s’y rendait en grande cérémonie avec les dames de la cour et cueillait de sa main des feuilles pour les donner à ses vers à soie.
Tout le monde voulut imiter son exemple et il y a longtemps qu’en Chine, toutes les classes de la société portent de la soie comme nous portons laine et coton.
Au siècle d’Auguste, la soie était encore si rare que les premiers empereurs romains ne pouvaient en porter.
Il paraît que l’empereur Aurélien refusa une robe de soie à sa femme.
Au VIe siècle, deux moines persans qui avaient été en Chine apportèrent à Constantinople des œufs de vers à soie. C’est seulement au moyen age que la culture des Mûriers et l’art de tisser la soie se répandit en Italie d’abord, puis en Espagne. En France ce fut surtout Colbert qui favorisa l’élevage des vers et le tissage de la soie.
Notre en-tête contient un dessin concernant l’industrie de la soie (Fig. 1) une filature, ancien, très ancien modèle.

 

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Le progrès a marché depuis (Fig. 2). Un métier à tisser qui tend à disparaître devant la mécanique moderne.

 

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Enfin (Fig. 3) un ver filant son cocon dans un cornet de papier. Ce n’était pas précisément expéditif et pourtant ce procédé a été employé dans certaines régions et chaque ver avait son cornet particulier !! A noter également les différents procédés d’élevage, depuis l’élevage à l’air libre usité autrefois en Chine en passant par l’élevage aux rameaux qui s’introduit de plus en plus dans nos campagnes et l’élevage « au filet » probablement peu connu parce que peu pratique.
Ce procédé consiste à étendre la feuille fraîche sur un filet tendu au dessus des chenilles. Celles-ci montent d’elles-mêmes à travers les mailles. Il est alors facile d’enlever l’ancienne litière avec les insectes morts ou malades. On entretient ainsi la magnanerie dans une rigoureuse propreté.
Depuis les travaux de Pasteur, l’élevage du ver à soie est beaucoup plus sûr qu’autrefois. Les graines sélectionnées et contrôlées au microscope offrent des garanties qui n’existaient pas autrefois. Mais hélas, on n’est certain de cette récolte comme beaucoup d’autres que quand elle est vendue.
Le Petit Messager vous souhaite une bonne réussite du fond du cœur. Il sait ce que c’est de se donner de la peine parfois pour rien. Il désire aussi qu’en élevant vos vers vous vous souveniez de la leçon de vie qu’ils vous donnent avec tant d’éloquence. La dépouille de sa chrysalide morte en apparence contenait le papillon qui devait s’envoler dans le bleu du ciel.

Puissiez vous, chers amis « filer votre cocon » sans oublier l’âme, ce papillon céleste auquel nous avons peine à croire, qui doit un jour briser l’enveloppe pour planer à son tour dans un ciel autrement beau que le plus merveilleux firmament.

 

Origine des "Petits Messagers"

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